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Éditeur d'Innovation Culturelle MA'A*  2019  ericdemonagendart@gmail.com
✩ Pour plus d'informations sur un article, cliquez sur les images qui l'accompagnent ✩
Yemaya ✩ Installation immersive par le Fresnoy ✩ Said Afifi©
...est la nouvelle destination des découvreurs défendant le meilleur de
l’Art, de l’Architecture et du Design pour réinventer votre style de vie contemporaine.


HORS LES MURS ✩ #SophieLanoë
VIDÉOFORMES ✩ #GabrielSoucheyre
SOUVENIRS À RÊVES ✩ #AlainKantarjian
CECI N'EST PAS UN TAPIS ✩ #NajouaFerréol

Une carte blanche & quelques adresses pour s'évader de la Méditerranée jusqu'au Moyen-Orient.

Le guide des prix d’Art contemporain ✩ Édition Émisphère ✩ Sophie Lanoë©

Décryptrer le monde
HORS LES MURS #PARIS
Sophie Lanoë

Éric de MA'A* : Présentez-vous en quelques mots.

Sophie Lanoë : Aujourd’hui je dirige ë-project.fr, un média pluridisciplinaire consacré à l’Art de demain. C’est un incubateur d'idées et de projets artistiques qui produit des programmes et des contenus culturels, qui accompagne les artistes sur les appels à projets en construisant des passerelles entre les intervenants du monde de l'Art. Je suis par ailleurs commissaire d’exposition et, depuis un an, je fais partie du comité de pilotage de
 D.R.A.W / Digital Research & Art Wave : le rendez-vous culturel et innovant destiné à valoriser les artistes, les producteurs et les lieux associés à la création contemporaine.

Sans titre ✩ Simeen Farhat© @ëprojects
Painted portrait ✩ Djinane al Suwheih© @ëprojects

En 2018, nous avons coproduit le prix 100 TALENTS EXPERIENCE #01 qui avait pour finalité d’accompagner des artistes émergents et des révélations de la jeune scène artistique internationale qui utilisent les nouvelles technologies. Quinze artistes ont pu exposer leur projet à l’issue de la résidence où ils l'ont créé.

On a aussi coproduit l’exposition 100 ANS, ENTRE GUERRE ET PAIX où sept artistes contemporains ont investi la Bibliothèque Polonaise de Paris pour nous interpeller sur l’influence des nouvelles technologies dans nos relations personnelles. Enfin, nous venons d’éditer le premier guide sur les prix d’Art contemporain « Un prix ça n'a pas de prix. »

Crise d'identité ✩ Sabyl Ghoussoub© @ëprojects

Traces juives du liban ✩ Sabyl Ghoussoub© @ëprojects

Éric : Quel est votre regard sur la création au Moyen-Orient ?

Sophie : Lors de différentes résidences en Égypte, en Algérie, en Russie et aux États-Unis, j’ai rencontré des artistes de la scène du Proche- et Moyen-Orient. En collaborant avec ceux en Égypte, au Liban et à Abou Dabi, je me suis vraiment intéressée à cette scène. J’ai adoré le mélange de références à l’histoire et la dimension géo-politique des œuvres. Au moment des révolutions arabes, il y a eu un souffle nouveau. Le Caire est devenu provisoirement un musée à ciel ouvert orné du street-art de Ammar Abo Bakr.

En 2007, je me suis installée à Abou Dabi pendant quatre ans et j'ai collaboré avec deux galeries locales où j'ai découvert la scène iranienne, libanaise et irakienne. Les Émirats étaient à l'époque un véritable hub de l’Art contemporain en Orient. J’ai même rencontré sur place les organisateurs d’Art Paris Abu Dhabi qui ont créé par la suite Beirut Art Fair au Liban. Plus tard, j’ai ouvert sur place la galerie Sophie Lanoë pour mettre en lumière les scènes émergentes de la région.


J’ai participé à plusieurs foires et rejoint l’équipe qui en développait une sur Singapour. En collaborant avec les artistes des scènes de cette région, on percevait immédiatement la dimension politique des œuvres. La plupart d'entre eux ont connu la violence, la pression, l’injustice, la précarité et les interdits ; les souvenirs ou le présent douloureux traversaient leurs créations.

L’Art est un besoin chez eux, une échappatoire vitale, un unique lieu d’expression précaire, toujours menacé. Ainsi, leurs œuvres portent ce combat commun : lutter pour la liberté, surtout après les révolutions arabes. Beaucoup d’Artistes opprimés dans leur propre pays se sont donc exilés pour créer. 
Aujourd'hui entre deux nations, leur Art est imprégné de deux cultures. C’est un Art mixte qui reflète l’image du monde sans frontières, créé par les Artistes nomades, citoyens du monde. Dans le Proche- et Moyen-Orient, il y a une certaine homogénéité artistique. On remarque toutefois des subtilités dans chaque pays et dans chaque histoire.

Rêve Imaginaire ✩ Sabyl Ghoussoub© @ëprojects

Éric : Parlez-nous de votre prochain projet.

Sophie : Le projet immédiat c’est effectivement la sortie du livre « Un prix ça n’a pas de prix ! ». Ce livre sera présenté lors d’une journée signature coorganisée par ë-projects pour la réouverture de l’espace Frans Krajcberg à Paris ce printemps. Cette journée réunira par ailleurs quelques auteurs autour du thème de l’Art et de l’environnement. Une autre rencontre entre le public et les auteurs sera organisée dans le cadre de la programmation artistique et culturelle de Digital Research & Art Wave 2019.

Ce livre fait un tour d’horizon des prix d’art contemporain. Leur nombre a explosé ces dernières années. « Un prix ça n’a pas de prix ! » est un véritable guide des prix d’art contemporain. J'y référence les prix importants, nationaux et internationaux.


Une récompense dans la carrière d’un artiste est une étape importante, un encouragement pour les plus jeunes et un booster de carrière pour les plus confirmés. Chaque prix a un impact différent, outre une visibilité importante, il favorise la production de projets, par une aide financière et un accompagnement des lauréats. Les prix se spécialisent, de nouveaux univers et de nouvelles orientations se profilent : l’Art et l’environnement, l’Art et les nouvelles technologies. À l’ère du digital, plusieurs prix récompensent désormais les artistes en ligne. Instagram permet à de jeunes artistes une visibilité immédiate. Dans ce guide, je m’intéresse non seulement à l’impact d’un prix d’art contemporain dans le parcours d’un artiste mais aussi sur les bénéfices que cela engendre pour les organisateurs, les institutions, les entreprises.

Ferdinand Makouvia ✩ Photo par Adrien Thibault©

+d'infos : Ë.project ✩ Courriel ✩ Commander le livre

MON AGEND'ART*
Art avant toute chose

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Talents d'ici et d'ailleurs au festival
VIDÉOFORMES #CLERMONT
Gabriel Soucheyre

VIDÉOBAR #57 ✩ Femme dans le soleil du matin ✩ Caroline Donin©

Éric de MA'A* : Peut-on parler d'une nouvelle vague d'Artistes originaires du Proche- et Moyen-Orient qui œuvrent dans l'Art numérique ?

Gabriel Soucheyre : Le « numérique » recouvre toute notre planète, l’augmente diront certains. Les Artistes du Moyen-Orient, comme les autres, ont accès à cette dimension et s’en emparent. Chaque pays, ou plutôt chaque culture singulière de cette région, s’infuse dans ce sujet, cette esthétique numérique.


Les problématiques liées à la recherche d’une identité sont forcément liées à la culture et l’environnement de chaque Artiste. L’impact des conflits et l’absence de liberté alimentent certaines productions, ou les limitent. L’accès aux réseaux sociaux, bien que bridé, permet des contacts avec le monde entier même s’il ne suffit pas. Cette situation génère des frustrations et des thématiques artistiques spécifiques.

Lumina Fiction ✩ Golnaz Behrouznia©
Flora ✩ Philipp Artus©

Éric : Vu que vous travaillez en équipe avec des interlocuteurs originaires des différentes cultures orientales, quels sont les obstacles auxquels vous avez été confronté ?

GS : Pour avoir exposé et présenté des Artistes en Iran, au Liban et en Israël, j’ai travaillé avec des acteurs indépendants et institutionnels. Il y a généralement une demande forte d’échange, de confrontation bienveillante, un besoin et une envie de dialoguer.

Ce qui est remarquable, au-delà de l’appétence pour les Arts numériques, c’est ce qui rapproche ces différentes cultures. Les seuls obstacles sont les conflits armés et les politiques gouvernementales. Exposer une œuvre d’un Artiste iranien en Israël est possible, et même suscite de l’intérêt. Inviter un Artiste arabe dans ce pays posera un problème insoluble, surtout si l’Artiste n’est pas Israélien. Seul un état de paix pourra résoudre ce problème, un jour.

Soleil noir ✩ Samuel Rousseau©
Habitat marin ✩ Dora, port de pêche, Liban ✩ Alain Kantarjian©

Les invisibles
SOUVENIRS À RÊVES #BEYROUTH
Alain Kantarjian

Mémoire de la colline ✩ Alain Kantarjian©
Modèle : Walid ✩ Habitat de lumière ✩ Alain Kantarjian©
 

« Quand je suis arrivé à Beyrouth, c’était pour des vacances. Un jour férié, mon ami d’enfance m'a emmené vers le port de Daoura, près de la maison où vivait ma famille. Nous marchions le long du Nahr El Mawt : Fleuve de la Mort. Sur l’autre rive, plein de mauvaises herbes, des roseaux, de magnifiques vieux manguiers sauvages, des avocatiers, des insectes, des oiseaux. Derrière ce rideau de verdure on entrevoyait une belle demeure où nous avions l’habitude de passer du temps pour jouer... En ce moment contemplatif, j'ai décidé de m’intéresser à ce lieu. »
 
Modèle : Carlos ✩ Maison Diogène ✩ Dora, port de pêche, Liban ✩ Alain Kantarjian©

Éric de MA'A* : Qu'est-ce qui vous a poussé à parler de votre ville natale à travers les créations que vous présentez ?

Alain Kantarjian : Beyrouth est un lieu de multiples croisements. Il l’était historiquement, et il continue à l’être très fortement dans le présent. Ma famille – comme tant d’autres dans la ville – est issue des migrations et des circulations du Moyen-Orient. J’explore la région de Dora à Beyrouth, une zone portuaire, depuis quelques années. J’ai fait la connaissance de beaucoup de personnes qui y vivent ou y travaillent, et je me suis lié d'amitié avec certains d’entre eux. Ce qui m’intéresse dans cet endroit, c’est le déploiement de ses histoires et de ses réalités.


Cette terre est un lieu très contesté. Il est marqué par des guerres, par un passé peu digéré, par des projets capitalistes nouveaux. Moi, par contre, je vois ce lieu comme un organisme qui émet et éjecte des histoires, les intériorise, les absorbe, les régurgite. Ce qui périt est régénéré. La « montagne de déchets », le sujet principal de recherche des dernières années et de plusieurs court-métrages, est la métaphore centrale dans laquelle s’ancrent mes explorations filmiques et photographiques. Ce qui m’a surpris moi-même, c’est à quel point des questions géopolitiques ont surgi dans ce qui, à la base, partait d’une étude très locale.

Modèle : Saddam ✩ À perte de vue ✩ Alain Kantarjian©
Éric : Quels sont les obstacles auxquels vous avez été confronté pour décloisonner votre territoire de recherche ? Comment les avez-vous dépassés ?

Alain : D’abord, je m’intéresse toujours à la vie des autres. Mon « équipe » se constitue au fur à mesure. Je fais participer les personnes – certaines d’entre elles – à mes projets. Ils ne sont pas seulement des sujets, ils deviennent souvent des collaborateurs pour créer la narration, les films, les photographies. À Dora, par exemple, c’était la communauté hétérogène de pêcheurs, de prostitué(e)s, de personnes âgées, d'immigré(e)s, et de sans abris vivant en marge de la société.
Je conçois le travail photographique et filmique comme une création « collective », c’est toujours le résultat de ma « traduction » de différents savoirs des communautés avec lesquelles j’entre en dialogue. Ma méthode en tant que réalisateur n’est pas basée sur un scénario préalable, mais évolue plutôt en filmant différents volets sur une longue durée. En fin de compte, j’avais passé plusieurs années sur le site avant même de conceptualiser un projet. L’œuvre produite est, finalement, inscrite dans la connaissance intime du site et des personnes. En parallèle, la recherche me permettait d’approfondir des sujets qui ont surgi au fil du temps : la géologie du lieu et son écologie, son ancrage dans la littérature, ses sédiments historiques et ainsi de suite. C’est un travail plutôt immersif qu’« objectif ».
Midi cinq ✩ Alain Kantarjian©
Éric : Quels sont vos plans pour les années à venir ?

Alain : Je suis en train de revoir les archives du projet « Antépénultième » que je présentais ces dernières années sous formes de films et de cycles photographiques. Je met en place une exposition personnelle à l’espace d’art Counter Space à Zurich et une autre au festival Photomed à Sanary-sur-Mer qui en révéleront des images inédites. Un autre projet photographique en cours est lié à une maison de retraite arménienne à Beyrouth. Il s'agit d'une série de portraits mis en scène.

 
Ascèse ✩ Alain Kantarjian©

Le fil solidaire
CECI N'EST PAS UN TAPIS #TUNIS
Najoua Ferréol

Un groupe de tisserandes, et plus encore, un groupe de femmes solidaires d’Oudref, village éloigné du sud tunisien, recherchent des solutions pour s’émanciper dans un monde globalisé.
 Mabrouka et Aïcha pour les plus vieilles, Inès et Amira pour les plus jeunes, toutes se soutiennent et partagent un quotidien de travail, de lutte et d’amour autour du tissage du tapis. Elles s'efforcent ainsi de le conserver au cœur de leur vie, de lui rendre sa gloire passée et de l’inscrire dans la modernité.
Lien du documentaire réalisé avec la participation de
Mathilde Blesch, image 
Olivier Klein, montage  Xavier Flamant, mixage  Théo Deslus, étalonnage

EN VRAC D'EST EN OUEST

Bâtir pour le futur ✩ Zaha Hadib©
État d'esprit ✩ Karim Rachid©
Héritage ✩ Azzedine Alaïa©
Institut du monde arabe©
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Tami Notsani©
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