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MA'A* Cultural Innovation Editor  2018  ericdemonagendart@gmail.com

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Lune Rorschach, Bronze argenté, Studio Wim Delvoye
Lune Rorschach Bronze argenté Studio Wim Delvoye©
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« ...est la nouvelle destination des découvreurs défendant le meilleur de
l’Art, de l’Architecture et du Design pour réinventer votre style de vie contemporaine. »

"...is the new destination of discoverers defending the best
of Art, of Architecture and of Design to reinvent your contemporary lifestyle."

 

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SOMMAIRE_SUMMARY

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Une carte blanche & quelques adresses pour saisir le pouvoir de l'Art.
A carte blanche & a few addresses to grasp the power of Art.

Forêt de Béton 36 ✩ Béton & Cire ✩ Ah Xian©

À la recherche d'une matière perdue
BUSTES D’IMMORTALITÉ #AUSTRALIE
Ah Xian

Ah Xian — qui travaille les matériaux aussi divers que le cloisonné, la porcelaine, le béton, la fibre de verre, le bronze et, plus récemment, le latex — est l’un des artistes australiens les plus emblématiques. Il a fui son ancienne patrie, la Chine, en 1990. Demandeur d’asile politique en Australie, il a travaillé pendant huit ans comme peintre en bâtiment à Sidney. « L’idée des pièces figuratives en porcelaine m’est venue à l’esprit en 1994. J'ai visité l’exposition Mao Goes Pop au Musée d’art contemporain de Sydney en 1993. Auparavant, j’ai créé de mes mains quelques moulages en plâtre de Paris et les ai placés dans des boîtes militaires telles des boîtes d’animation. Les images des assassinats de Tian'anmen et des violences [en Chine] me poursuivaient encore. J'ai donc pensé qu'il pourrait y avoir quelque chose en porcelaine, quelque chose de plus précieux et durable [...]. C'est ainsi qu'est née cette idée, » raconte-t-il.

China, China – buste 72, Porcelaine en noir-et-blanc gravé, Ah Xian
Chine, Chine – buste 72 ✩ Porcelaine en noir-et-blanc gravé ✩ Ah Xian©
En 1999, après plusieurs mois de travail à Jingdezhen — la «capitale de la porcelaine» chinoise, — Ah Xian lance sa série Chine Chine. Il crée des bustes en porcelaine avec glaçure au cobalt peinte à la main et des motifs décoratifs flottant à la surface sculpturale. Dix ans plus tard, l’artiste expérimentait avec le béton : une matière lourde, froide et brute. La série Forêt de Béton naît de ces recherches. En effet, quelle que soit la matière, l’esthétique séductrice de ses sculptures à taille humaine délivre un langage artistique très personnel.
China, China – bustes 11, Porcelaine, Ah Xian
China, China – bustes 16, Porcelaine, Ah Xian
Chine, Chine – bustes 11 & 16 ✩ Porcelaine ✩ Ah Xian©
Les derniers travaux de Ah Xian sont des bustes grandeur nature en latex fabriqués à partir de moulages déjà existants et enfermés dans des vitrines de verre. Ces travaux se singularisent des séries précédentes : les bustes possèdent de vrais cheveux. Alors que Ah Xian en termine avec les matériaux classiques, il devient évident pour lui que sa carrière arrive progressivement à un tournant. Il ressent aujourd'hui un besoin persistant d'explorer au-delà des normes et d'expérimenter. Comme il l'explique, « je ne veux pas me répéter et finir par travailler sans passion ».
 
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Metaphysica: Red Fish, Bronze, brass & oil paint, Ah Xian
Metaphysica: Poisson Rouge ✩ Bronze, brass & oil paint ✩ Ah Xian©

Looking for lost material
IMMORTAL STATUES #AUSTRALIA
Ah Xian


Ah Xian, working with materials as diverse as cloisonné, porcelain, concrete, fibreglass, bronze and, most recently, latex, is one of Australia’s leading contemporary artists. He is barely known and has never been exhibited in his former homeland of China that he fled in 1990. Seeking for political asylum in Australia, he spent eight years working as a house painter in Sidney. «The idea for the figurative porcelain pieces came to me in 1994. I was in the Mao Goes Pop exhibition at Sydney’s Museum of Contemporary Art in 1993. I made some casts of my hands in plaster of Paris and put them into military boxes, like animation boxes. I was still stuck with the idea of the Tiananmen killings and the violence [in China]. So I thought maybe there could be something in porcelain, which is a more valuable and durable [...]. That was how the idea formed», he says. In 1999, after several months of work in Jingdezhen, the Chinese «porcelain capital», he starts his China China series. Thus, porcelain busts, with hand-painted cobalt underglaze and decorative motifs that float freely over the works’ surfaces, have been created. Ten years later, Ah XIan experiments with concrete, a rough, heavy and raw material. Concrete Forest series are born from this research. Indeed, whatever the material, the beguiling aesthetic of his life-size cast figures expresses a highly individual artistic language.

Ah Xian working on bust forms
Human Human-Dragon, Cool ceramics, Ah Xian
Ah Xian working on bust forms ✩ Ah Xian©
Human Human-Dragon ✩ Cool ceramics ✩ Ah Xian©
Xian's latest works are life-size latex busts made from extant casts and enclosed in glass vitrines. One difference with the previous iterations: the new busts possess real hair. As Ah Xian wraps up with classic materials, it becomes obvious to him that his career gradually arrives at a crossroads. He feels now a persistent need to explore beyond norms and to experiment. As he explains, «I do not want to repeat myself and end up working without passion».
 
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MON AGEND'ART Cliff Hoodzy
HONEYMOON


Histoire de vies qui s'entremêlent autour d'un amour tourmenté...
MA'A est fière de vous présenter en avant-première le clip HONEYMOON de Cliff Hoodzy !


D'un père compositeur-interprète et d'un grand-père chanteur d'opera, Cliff Hoodzy s'intéresse très tôt à la musique. Dès l'enfance, il chante dans une chorale qui lui permet de voyager dans le monde entier. Bercé par des artistes tels que Marvin Gaye, Stevie Wonder, Mahalia Jackson, The Boyz II Men, ou encore Musiq Soulchild et Al Green, ce musicien propose un univers mêlant les styles qu'il affectionne particulièrement : R'n'B, Hip-Hop, Soul avec quelques touches de sonorités électroniques.MA'A*, le 1er
1er Fédérateur d'Arts en ligne.

  

Peau tatouée, grandeur nature ✩ Vue d'installation au MONA, Autriche ✩ Studio Wim Delvoye©

Chercher en questionnant
ENTRE BON ET MAUVAIS GOÛT #BELGIQUE
Wim Delvoye

 

Artiste flamand connu surtout pour sa « machine à merde », Wim Delvoye n’est pas aussi provocateur qu'on l'imagine. Une partie de son œuvre représente un acte ironique de profanation, une volonté de saisir les contradictions de nos sociétés. Revisitant les genres les plus inconciliables, il rompt la cohérence entre l'objet et ses possibles interprétations. Cette approche est une surenchère qui renverse tout repère entre le « bon » et le « mauvais » goût. Il amplifie les marqueurs socioculturels de manière à susciter des réactions en nous ; porcs tatoués, crucifix torsadés, engins de chantier élevés au rang d'édifices gothiques interrogent notre rapport au symbolisme. Ainsi par ces détournements, Wim Delvoye bouscule l'ordre établi, déplace les valeurs collectives de manière pimentée et décomplexée. Bien loin d'une vision pessimiste, Wim Delvoye révèle la bêtise sociale. La magie interprétative opère quand le sacré se mêle au profane, le spirituel au matériel, le culturel au naturel jusqu'à ne former plus qu'un. Ce processus créatif forme un nouveau symbole autonome, une nouvelle entité dont les influences s'entremêlent jusqu'à devenir indiscernables. N'est-ce pas l'un des paradigmes de l'Art que de transcender la réalité par une voie originale ?


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+d'info : Wim City

Dump Truck, Laser-cut corten steel, Gary Tatintsian Gallery, Moscou, Studio Wim Delvoye
Rimowa Classic Flight Multiwheel, Embossed aluminium, 53 x 35 x 80 cm, Studio Wim Delvoye
Dump Truck ✩ Laser-cut corten steel ✩ Gary Tatintsian Gallery, Moscou ✩ Studio Wim Delvoye©
Rimowa Classic Flight Multiwheel ✩ Embossed aluminium ✩ 53 x 35 x 80 cm ✩ Studio Wim Delvoye©

To search by questioning
AN ATYPICAL APPROACH #BELGIUM
Wim Delvoye

 

Known for his «shit machine», the Flemish artist Wim Delvoye isn’t as provocative as one would think. A part of his work represents an ironic act of profanation, the will to seize the contradictions of our society. He breaks the coherence between an object and its possible interpretations by revisiting the most conflicting genres. This approach is an overbid which blurs the line between «good» and «bad» taste. He amplifies the sociocultural markers in a way that provokes reactions. Tattooed pigs, twisted crucifixes and building site machines raised to the level of gothic structures question our relation with symbolism. Via these diversions, Wim Delvoye shakes up the established order, shifts collective values in a way that is spicy and daring. Far from pessimistic, Wim Delvoye’s vision reveals society’s nonsense. Interpretative magic happens when holiness is mixed with profanity, spirituality with materiality, culture with nature, until they unite. This creative process forms a new autonomous symbol, a new entity whose influences interweave and become indistinguishable. To transcend reality through originality: isn’t it one of the Art’s paradigms?


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 +info : Wim City Official
✩ Translated by RGM
 

Cloaca Machine, Studio Wim Delvoye
Tattooed pig, Studio Wim Delvoye
Cloaca Machine ✩ Studio Wim Delvoye©
Tattooed pig ✩ Studio Wim Delvoye©
Sœurs, huile et acrylique sur toile, 55x46 cm, ACO
Sœurs ✩ huile et acrylique sur toile ✩ 55x46 cm ✩ ACO©

Un accord entre le spirituel et le réel
LE POUVOIR DE L'ART #FRANCE
Anne-Claire Onillon


Eric de MA'A : Adoptée par des Français, vous ne gardez aucun souvenir conscient de la Corée. Les seules traces des ces temps perdus résident dans les photos de cette époque que vous transposez sur la toile comme des vestiges bruts de votre mémoire. Considérant la dictature qui s'est installée dans le Nord peu avant votre naissance, et une période économiquement tumultueuse dans le Sud pendant les années 70, pensez-vous que vos parents vous ont sauvée tout en protégeant l'Art que vous créez ? Après tout, la pauvreté en Corée du Sud était telle que, pour certaines familles, l'adoption est devenue une forme d'espoir, celui d'offrir une vie meilleure à son enfant en Occident.

Anne-Claire Onillon : J’ai toujours pensé que mes parents biologiques m’avaient offert une seconde chance, bien sûr. J’aurais pu être abandonnée dans une poubelle. Quand j’imaginais pouvoir retrouver leur trace, c’était vraiment dans le but de leur dire merci. Quelles que soient les raisons pour lesquelles ils ont dû m’abandonner. Et étant maman aujourd’hui, je comprends aussi comment cette décision aurait été douloureuse. Ensuite, avoir pu être adoptée, je le vis comme une deuxième naissance. J’éprouve une grande reconnaissance à l’égard de mes parents adoptifs qui m’ont aimée et permis, malgré leur moyens modestes, de suivre la voie que j’avais choisie. Même s’ils étaient inquiets et n’ont, je pense, pas complètement compris la force de ma vocation, ils l’ont acceptée. Et ce trou noir dans mon histoire, ces questions sans réponse, ont certainement déterminé pour beaucoup mon besoin de création. Et cela, je le vis comme un cadeau immense, qui n’a pas de prix, même s’il s’accompagne d’angoisses sans borne et d’une vie difficile, conflictuelle et d’une très grande solitude. Avoir été adoptée, même s’il y a un abandon originel qui crée en soi une faille sans remède, sera toujours pour moi le plus beau cadeau de la vie. Je me sens à jamais redevable de ce présent. La vie m’a beaucoup donné, et je lui rends comme je peux à travers la peinture.

Mon père, huile sur toile, 53x54 cm, ACO
Premier regard, huile sur toile, 73x54 cm, ACO
Mon père ✩ huile sur toile ✩ 53x54 cm ✩ ACO©
Premier regard ✩ huile sur toile ✩ 73x54 cm ✩ ACO©

Eric : Vous avez peint une seule série sur un auteur : celle sur Franz Kafka. Il vous a sans doute inspirée antérieurement. La vie de cet écrivain a été courte et tragique. Il créait des histoires pour échapper à la réalité, ou pour aider les autres à accepter leur réalité, en exposant l’absurdité du monde. Si vous me le permettez, j’ai une anecdote au sujet de cet écrivain à vous raconter. En 1923, Kafka est dévoré par la tuberculose. Il se promène chaque jour dans le parc du quartier, à Berlin. Un jour, il y rencontre une petite fille en pleurs. Elle a perdu sa poupée. Kafka lui propose aussitôt de l’aider dans ses recherches. Ils se donnent rendez-vous le lendemain au même endroit. Bien sûr, il ne trouve pas la poupée. Mais il apporte une lettre et lui lit à haute voix : « S'il te plaît, ne sois pas attristée par mon absence. Je suis partie voyager et voir le monde. Je te raconterai toutes mes aventures. » Les semaines suivantes, Kafka et la petite fille se retrouvent au parc où il lui lit les lettres qui décrivent les péripéties de la poupée. Cela se passe peu avant la dernière crise de tuberculose de Kafka. Avant son départ à l’hôpital-sanatorium, il revoit une dernière fois la petite fille et lui offre une poupée complètement différente. Le cadeau s'accompagne d'une note disant « Les voyages m'ont changée. » Partagez-vous la même démarche en créant une œuvre, autrement dit, cherchez-vous à échapper à votre réalité par l’Art ? Si oui, où l’œuvre vous emmène-t-elle ?

ACO : Kafka est un auteur que j’aime beaucoup. Comme tous les naufragés ou les exilés de la société. Je ne connaissais pas cette histoire de poupée. C’est beau. C’est la poésie dans le tragique. C’est l’imaginaire, qui par les histoires ou par l’Art, permet, non de s’échapper de la réalité mais de la transformer et ainsi de la rendre supportable. Je ne crois pas que l’Art permette de s’échapper du réel. Seule la folie le peut. Je l’ai connue. Et c’est justement l’Art qui m’a permis de revenir à la réalité. En peignant d’après photo, par exemple. L’Art est une passerelle entre l’ici et le spirituel, entre ce monde dur et assez malade, et un monde sublimé et harmonieux. Le travail de peinture est à la fois ce qui me lie au réel, mon unique façon de l’apprivoiser et, en même temps, une échelle vers le ciel, je veux dire, vers le temps suspendu et une sorte d’éternité. On refuse tous notre condition de mortels. L’œuvre est aussi une relation forte à l’humanité, à l’Histoire de l’humanité. Être humain en création c’est forcément participer, même à petite échelle, à la construction de ce que cet humain possède de plus essentiel : son besoin de transcendance et de consolation. De façon intime, la peinture ne m’emmène pas au lointain ou sur une autre planète mais au contraire dans la profondeur des choses et des êtres, et de moi-même, là où le mot « vérité » peut avoir un vrai sens.

Kafka, ACO
Kafka ✩ ACO©

Eric : « Il y a cette petite fille qui pleure et que l’on n’entend pas. » Vous décrivez ainsi les toiles sur votre enfance et cette phrase contient en soi une forte émotion qui me touche à la fois en tant qu’homme et en tant que kafkomane. Cette image est innocente mais la situation, elle, est cruelle. La même dichotomie émerge de votre définition de l’Art : il représente l’échelle vers le ciel et la liaison avec la réalité, le mortel et l’éternel, le sublime et l’humain, la poésie et la tragédie. Diagnostiquée bipolaire, vous avez subi depuis 2014 cinq crises maniaques avec, à chaque fois, environ une année de convalescence. Et c’est la peinture qui vous a sauvée la dernière fois. D’après vous, c’est en combinant les opposés, par synthèse artistique, que l’on parvient à surmonter la douleur et retrouver une raison d’être ? Ce pouvoir de réunir l’irréconciliable s’exprime-t-il par « la profondeur des êtres », où l’œuvre vous emmène, ou s’incarne-t-il dans l’objet qui vous y attire, par exemple, vos photos d’enfance ?

ACO : Il paraît qu’enfant, je pleurais peu. J’étais une petite fille très sage. En fait, longtemps, je pleurais « dedans ». Et l’image est très juste. Pleurer à l’intérieur, sans bruit, sans larmes, juste une brûlure au-dedans. Pleurer en silence par pudeur, par timidité. L’artiste est l’être par excellence qui touche les extrêmes. Le romantisme, c’est ça. Peut-être qu'aujourd'hui peu d’artistes le sont, romantiques. La douleur, elle vient de là, de cette difficulté d’accorder idéal et réalité. L’Art est une réponse à ce déchirement. La tragédie dans le sens classique est un exutoire à ce grand malentendu : la voix des dieux et la voie humaine. Je pense que les deux sont liées de façon inextricable. Parlant de l’origine de ce pouvoir, un choix de chaussures, d’un objet, va modifier la façon-même de marcher, les mouvements, le rythme... ce qui va donner l’impulsion d’une création, et les façons de mettre en œuvre celle-ci sont interdépendantes. En même temps, ce qui me semble le plus important, c’est le regard. Si je peins une pomme, évidemment ce n’est pas le sujet qui est important ; ce sera la manière dont je donne à voir cette pomme. Et le spectateur qui regardera cette pomme imprimera en lui cette vision unique de cet objet banal. La peinture permet d’enrichir son regard, d’aiguiser sa sensibilité, d’affiner ses sens. Et donc de mieux voir, sentir le monde et les êtres. C’est le pouvoir de l’Art, offert aux artistes pour qu’ils le diffusent.

 

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+d'info : ACO.PARIS | aco@anneclaireonillon.fr

Elle tient fort ma main, Huile et acrylique sur toile, 130x97 cm, ACO
Elle tient fort ma main ✩ Huile et acrylique sur toile ✩ 130x97 cm ✩ ACO©

An agreement between spiritual & reality
THE POWER OF ART #FRANCE
Anne-Claire Onillon


Eric de MA'A: Adopted by a French couple, you do not have any explicit memory of Korea. The only traces of these lost times lie in the photos of this period that you lay on the canvas, like raw remains of your memory. Considering the dictatorship that settled in the North shortly before your birth, and an economically tumultuous period in the South during the 1970s, do you think that your parents saved you while protecting the Art you create? After all, poverty in South Korea was such that, for some families, adoption became a form of hope, that of offering a better life to one's child in the West.

Anne-Claire Onillon: I always thought that my biological parents gave me a second chance, of course. I could have been abandoned in a garbage can. When I imagined finding them, it was really in order to say thank you. No matter why they had to abandon me. And as a mother today, I understand how painful this decision must have been. I see my adoption as a second birth. I am very grateful to my adoptive parents who loved me and allowed me, despite their modest means, to follow the path I chose. Although they were worried and probably did not completely understand the strength of my vocation, they accepted it. And this black hole in my story, these unanswered questions, have certainly fueled my need to create. I see it as an immense gift, which is priceless, even if it is accompanied by deep anxiety and a difficult, conflictual and very solitary life. Being adopted, even if there is an original abandonment which creates a hole which cannot be filled, will always be the most beautiful gift of life for me. I will always feel grateful for this present. Life gave me a lot, and I give it back to you as much as I can through painting.

Elle pleure, huile et acrylique, 35x27 cm, ACO
Deux sœurs, huile sur toile, 46x38 cm, ACO
She's crying ✩ oil and acrylic ✩ 35x27 cm ✩ ACO©
Two sisters ✩ oil on canvas ✩ 46x38 cm ✩ ACO©
Eric: You painted a series about an author: Franz Kafka. He certainly must have inspired you before. This writer's life was short and tragic. He created stories to escape reality, or to help others accept their reality, exposing the absurdity of the world. If you allow me, I have an anecdote about this writer to tell you. In 1923, Kafka was devoured by tuberculosis. He walked every day in his local park in Berlin. One day, he met a little girl in tears. She had lost her doll. Kafka immediately offered to help her find the doll. They met at the same place the next day. Of course, he did not find the doll. But he brought her a letter and read it aloud to her: "Please, do not be saddened by my absence. I went to travel and see the world. I will tell you about all my adventures.” The following weeks, Kafka and the little girl met at the park where he read the letters describing the doll’s new life. This was shortly before Kafka’s last tuberculosis crisis. Before he went to the sanatorium hospital, he saw the little girl one last time and gave her a completely different doll. The gift came with a note saying "My travels have changed me.” Do you share the same approach in creating a work, in other words, do you try to escape from reality through Art? If so, where does Art take you?

ACO: Kafka is an author that I like very much. Like all castaways and exiles of society. I did not know this doll story. It's beautiful. It is poetry within tragedy. It is our imagination which allows us not to escape from reality but to transform it and thus make it bearable, through stories or Art. I do not believe that Art can create an escape from reality. Only madness can. I knew madness. And it is precisely Art that has allowed me to return to reality. By painting from photos, for example. Art is a bridge between us and spirituality, between this tough, sick world, and a sublime, harmonious world. Painting is both what connects me to reality, my only way to tame it and, at the same time, a ladder which leads to the sky, I mean, to suspended time and a kind of eternity. We are all in denial about our condition as mortals. A work is also a strong relation to humanity and its history. To be human in creation necessarily involves participation, even on a small scale, in the construction of man’s most essential possession: one’s need for transcendence and consolation. In an intimate way, painting does not take me far away or on another planet but on the contrary in the depth of things and beings, and of myself, where the word "truth" has a true meaning.
Kafka, ACO
Kafka ✩ ACO©

Eric: "There is this little girl who cries, whom we do not hear.” You describe the paintings about your childhood and this sentence contains in itself a strong emotion that affects me both as a man and as a kafkoman. This image is innocent but the situation is cruel. The same dichotomy emerges from your definition of Art: it represents the ladder to the sky and the link with reality, mortality and eternity, the sublime and the human, poetry and tragedy. Diagnosed as bipolar, you have gone through five manic episodes since 2014, with about one year of recovery each time. And it is painting that saved you the last time. In your opinion, is it by combining opposites, by artistic synthesis, that we manage to overcome the pain and find a reason to be? Does this power to unite the irreconcilable express itself in the "depth of beings", where the work takes you, or does it live in the object that attracts you, for example, your childhood photos?

ACO: As a child, I barely cried. I was a very well behaved little girl. In fact, for a long time, I cried "inside". And the image is very accurate. Crying inside, without a sound, without tears, just a burning sensation inside. To cry in silence out of modesty, out of shyness. An artist is the ultimate being who touches extremes. That is what romanticism is. Perhaps few artists are romantic today. The pain comes from there, from the difficulty to synchronize reality with perfection. Art is a response to this tear. Tragedy, in the classical sense, is an outlet for this great misunderstanding: the voice of gods and the human path. I think both are inextricably linked. Speaking of this power’s origin, a simple choice of shoes, which is an object, will change our very walk, our movements, our rhythm. A right object can give us the impulse for creation, and the ways of implementing it are interdependent. At the same time, what seems most important to me is the point of view. If I paint an apple, obviously it is not the subject that is important; it is the way I see it. And the spectator who will look at this apple will absorb this unique vision of a banal object. Painting enables us to enrich our eyes, sharpen our sensitivity, refine our senses. And therefore to see better, feel the world and beings. This is the power of art, offered to artists so that they spread it.

 

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+info: ACO.PARIS | aco@anneclaireonillon.fr
✩ Translated by RGM

Sunday afternoon, 116x89 cm, ACO
Sunday afternoon ✩ 116x89 cm ✩ ACO©
Sunday afternoon ✩ 73x54 cm ✩ ACO©

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