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MA'A* Cultural Innovation Editor  2017-18  ericdemonagendart@gmail.com
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« ...reste la nouvelle destination des découvreurs défendant le meilleur de
l’Art, de l’Architecture et du Design pour réinventer votre style de vie contemporaine ».

"...stays the new destination of discoverers defending the best
of Art, of Architecture and of Design to reinvent your contemporary lifestyle".

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SOMMAIRE SUMMARY

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De peau à peau ✩ José Man Lius #Paris

Afrique porte-bonheur ✩ Salon International #Paris

Ennemi de mon ennemiMy enemy's enemy ✩ Neïl Beloufa #Paris


Immobilité des paysages ✩ Andreas Gursky #London

Entre les frontières ✩ Clémentine Balair #Paris


Au cœur du souffleFeeling wind's heartbeat ✩ Claire Morgan #Paris


Dessins à l'eau de mer ✩ Eizo Sakata #Tokyo
Corset social N°11, Photographie, 2017, José Man Lius
Corset social N°11 ✩ Photographie ✩ José Man Lius©

Exploration des apparences
DE PEAU À PEAU #Paris
José Man Lius


La peau nous contient tout entier de par son rôle d’enveloppe organe, nous définissant aussi bien en tant qu’entité biologique autonome qu’en tant qu’identité perçue du dehors. Elle est à la fois notre contenant et notre dernière frontière avec le monde extérieur qu’elle délimite. Le paradoxe de cette surface qui nous offre ses contours se situe par conséquent entre le regard que les autres lui portent et ce qu’elle montre de soi, parfois malgré soi. La peau vit sa propre existence, mouvance de l’organique et de la perception par de multiples interactions, mais elle peut aussi s’afficher par une forme de réintégration corporelle, une réappropriation en quelque sorte, que celle-ci soit volontaire (tatouage, piercing etc.) ou subie (marquage du bétail, identité ethnique etc.).

Dans l’Histoire de l’Art, elle occupe toujours une place originale : autoportraits de Michel Ange réalisés pour la chapelle Sixtine tout comme St Barthélemy tenant sa propre peau, les écorchés de Rembrandt, la Peau de chagrin de Balzac en passant notamment par les Self-hybridations d’Orlan, les Peaux de feuille et Empreintes de corps de Giuseppe Penone jusqu’aux écorces interactives de Scenocosme.

José Man Lius, à la fois plasticien, vidéaste, performeur et photographe d’origine caribéenne, en décloisonnant et en superposant les modes d’expression artistique, explore et revisite la richesse de ce thème pour aboutir à un point de vue hybride nourri non seulement par l’Histoire des Antilles, mais aussi par une identité culturelle plurielle. De ce métissage constitutif et technique des œuvres naît un regard unique, parfois critique et paradoxal, souvent emprunt de poésie, qui questionne la place de cette surface particulière dans un monde globalisé. Son travail aborde ce thème suivant trois axes : la scarification, le corset social et les inter/faces.

Son projet «
Corset Social » évoque les influences extérieures qui estampillent les peaux aussi bien que les esprits dans un monde où les « marques » commerciales n’ont jamais été aussi présentes. Qu’est-ce que le marquage si ce n’est une tentative de signature et, par conséquent, d’appropriation ? La réalisation de ce projet repose sur le traitement numérique de photographies de peaux nues avec de motifs de cuirs de Cordoue qui sont détournés en graphismes, non sans évoquer le tatouage virtuel.

C’est la juxtaposition de ces « marquages » qui procure au corps une identité sociale. Dans cette démarche artistique, la confluence des représentations révèle au regard une peau habituellement cachée : le Corset Social. Que la peau soit embossée, tatouée, agrafée ou balafrée, le rôle qu’elle tient ici est bien celui du masque ou du vêtement. La neutralité de la nudité et l’illusion de l’intime n’existent plus.

La surface des corps porte, à l’instar des tenues vestimentaires, une complexité historique et sociale, tandis que le code barre devient le paradigme universel et se fait l’écho de la mondialisation. Même la figure allégorique des valeurs humanistes, l’Homme de Vitruve, est détournée, et symbolise alors le marquage d’une certification, d’un standard, d’une norme dans la marchandisation de l’humain. La superposition des violences subies lors de la formation du Corset Social, crée une nouvelle esthétique qui raconte l’individu malgré les épreuves du formatage de masse.
 

« Ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, c’est sa peau. »

Texte par Barbara Marshall

Corset social N°8, Photographie, 2017, José Man Lius
Corset social N°8 ✩ Photographie ✩ José Man Lius©
Diary of a Victorian Dandy: 11.00 Hours, C-type print; ed. of 5, Yinka Shonibare
Diary of a Victorian Dandy: 11.00 Hours ✩ C-type print; ed. of 5 ✩ Yinka Shonibare©

Jeu sur les couleurs
AFRIQUE PORTE-BONHEUR #Paris

Parcours des mondes « métissés »
 

Pour célébrer sa 16e édition, le Salon International des Arts Premiers et Asiatiques – organisé en plein cœur du quartier de Saint-Germain-des-Prés – propose un parcours « métissé » qui se centre autour des expositions thématiques : des œuvres qui témoignent de différentes croyances et cultures, des objets symboliques ou usuels, des sculptures rituelles, mais aussi des peintures contemporaines, et le lancement d’un livre. Celui-ci, intitulé « Événement tapa » met à l’honneur la Polynésie française, ses traditions, ses artistes et leur savoir-faire. « Le point clé de la manifestation, c’est la “découverte” de nouvelles pièces – par opposition aux ventes aux enchères qui représentent un autre aspect du marché de l’art. C’est aussi l’occasion d’échanger avec des professionnels, et de les rencontrer », confie Javier Peres.

Lambarena : une rencontre de la musique de Bach et de la musique traditionnelle du Gabon.

Flânant dans les rues remplies de Lambarena, on retrouve des correspondances entre le pastiche d'œuvres picturales célèbres et l'actualité géopolitique dans l'œuvre photographique et sculpturale des artistes africains comme Yinka Shonibare  Cet artiste s’est fait connaître à travers le monde en privilégiant, dans sa pratique, l’utilisation du tissu wax comme dispositif conceptuel et formel. Bien qu’associé à l’Afrique par stéréotype, le tissu wax était fabriqué en Hollande; les européens se sont appropriés ce tissu inspiré des techniques indonésiennes du batik pour ensuite l'industrialiser. Avec ses origines croisées et confuses, le tissu wax s’avère un véhicule somptueux qui permet également à l’artiste d’investir la nature complexe de concepts comme l’identité, l’authenticité, l’ethnicité, la représentation, l’hybridité, la race, la migration, la mondialisation et le pouvoir.

C’est aussi ce regard renouvelé sur l’Afrique qui a valu à Viviane Sassen, ex-photographe de mode, son entrée à la Biennale de Venise 2013. Dépourvue de tout exotisme, pas vraiment documentaire non plus, sa série africaine offre un nouveau regard sur un continent trop souvent synthétisé à coups de stéréotypes. « Je veux que les images parlent à l’inconscient, je veux qu’elles agissent en miroirs réfléchissants, qu’elles questionnent ce qu’on voit, qu’elles renvoient à nos préjugés envers l’autre ».

Et ces deux artistes n'étaient que le sommet de l'iceberg.

Planche votive, Golfe de Papouasie-Nouvelle-Guinée, XIXe siècle, bois gravé à la pierre, Michael Hamson
Planche votive ✩ Golfe de Papouasie-Nouvelle-Guinée ✩ XIXe siècle ✩ bois gravé à la pierre ✩ Michael Hamson©
L'ennemi de mon ennemi, 2018, Neil Beloufa
Ennemi de mon ennemi ✩ 2018 ✩ Neïl Beloufa©

En l'honneur de nos mémoires
ENNEMI DE MON ENNEMI #Paris
Neïl Beloufa

 

L’ennemi de mon ennemi est-il mon ami ? Ce projet, conçu par Neïl Beloufa à l’invitation du Palais de Tokyo, est un dispositif scénographique représentant de façon chaotique et parcellaire la manière dont s’écrit l’Histoire et se légitiment les pouvoirs aujourd’hui. S’inspirant de la communication officielle, des mémoriaux, des musées de guerre, de la propagande politique mais aussi de l’actualité, de la publicité ou des jeux vidéo, l’exposition met en scène l’interchangeabilité des stratégies et des discours. Ce faisant, elle joue sur une ambiguïté permanente entre le bien et le mal, les gentils et les méchants, les postures et les impostures. Le dispositif scénographique, spécialement conçu par l’artiste pour l’exposition, intègre des œuvres, des documents, des images, des artefacts, des reproductions et des objets réels déplacés en permanence par des robots, selon un scénario de type algorithmique. Il propose ainsi une remise en cause permanente des associations, des perspectives et des significations. 
 



In honor of our memories
MY ENEMY'S ENEMY #Paris
Neïl Beloufa


Is my enemy's enemy my friend? This project, created by Neïl Beloufa and hosted by the Palais de Tokyo, is a scenographic installation representing in a chaotic and fragmented manner the way in which History is written and in which today's authorities legitimise themselves. Inspired by official messages, memorials, war museums, political propaganda but also the news, advertisements or videogames, the exhibition stages the interchangeability of strategies and speeches. In doing so, it plays with a permanent ambiguity between right and wrong, goodies and baddies, postures and impostures. The scenographic arrangement, specially conceived by the artist for the exhibition, integrates artworks, documents, pictures, artefacts, reproductions and real objects continuously moved by robots following an algorithm. It delivers a permanent questioning of associations, perspectives, and meanings.

Superlatives and Resolution, People’s Passion, Movement and Life, 2016, Neil Beloufa
Superlatives and Resolution, People’s Passion, Movement and Life ✩ 2016 ✩ Neïl Beloufa©
Sans titre, 2010, Tami Notsani
Sans titre ✩ 2010 ✩ Tami Notsani©

PHOTOS SANS CADRES
POSTE RESTANTE #ISR
Tami Notsani

 

Un livre, 192 pages, 48 photographies et textes de divers auteurs, en français et anglais. Réalisé avec le soutien de la galerie Xenon, cet opus est composé des photo-séries prises au cours des dernières années en Israël, Palestine, France, Albanie et Kosovo. Tami Notsani mélange ainsi les genres : portraits, paysages, mises en scène, tout un monde dont les rimes sont aussi sémantiques que formelles. Grâce à de nombreux contributeurs — Ami Barak, Simone Bitton, Jean-Pierre Brouillaud, François Cheval, Marc Donnadieu, Marc Lenot et tant d’autres, — la lecture se diversifie avec leurs regards distincts mais singuliers, chacun incorporé dans un court texte dédié à une seule image.

« Tempus fugit retenu comme quelques grains entre ses doigts.
Ces photographies comme des lettres  à la poste restante attendent les destinataires qui leur donneront sens. »
                                                                           
Roland Chalrémat, auteur.

 

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Pop Up Cirkus Photos ✩ photographies par Tami Notsani, Bertrand Cousseau et Jean-Michel Etchemaïté©
VG Bild-Kunst, Bonn, Andreas Gursky
VG Bild-Kunst, Bonn ✩ Andreas Gursky©

Rétrospectives
IMMOBILITÉ DES PAYSAGES #Londres
Andreas Gursky

 

La Hayward Gallery a inauguré en janvier 2018 la première rétrospective britannique importante du travail du célèbre photographe allemand Andreas Gursky. Connu pour ses images à grande échelle, souvent spectaculaires, représentant des sites emblématiques et des scènes de l'économie mondiale et de la vie contemporaine, ce photographe est largement considéré comme l'un des plus importants de notre époque. Conduit par un intérêt de « la manière dont le monde est constitué », ainsi que par ce qu'il décrit comme « la pure joie de voir », Gursky fait des photographies qui ne sont pas seulement des représentations de lieux ou de situations, mais des réflexions sur la nature de l'image et des limites de la perception humaine. Souvent tirées d'un point de vue élevé, ces images utilisent une perspective « démocratique » qui dispense des hiérarchies formelles et donne l'égale importance à tous les éléments de ses scènes très détaillées. Cette exposition abritait environ 60 photographies novatrices de l'artiste, du début des années 1980 à ses travaux les plus récents, dont Paris, Montparnasse (1993) l'une des images les plus connues de Gurksy et le Rhin II (1999/2015) qui emprunte et construit sur la tradition du romantisme allemand pour offrir une version subtilement modifiée de cette rivière emblématique.

Andreas Gursky marque ainsi le début de l'année 2018 et le 50ème anniversaire de la Galerie Hayward : avec la première exposition à son nom.

 

✩ ✩
+d'info : Hayward Gallery ✩ Londres

Solar (detail), Andreas Gursky
Solar (detail) ✩ Andreas Gursky©
Butô, C. Balair

Mouvements transversaux
ENTRE LES FRONTIÈRES #Paris
Clémentine Balair

 

Les artistes se nourrissent de l'influence de l’Asie pour donner à partager de nouveaux regards sur le monde. La chorégraphe martiniquaise Clémentine Balair, un pied sur chaque continent, nous transporte dans le langage poétique corporel du Conte Butô nommé d'après une forme de danse née au Japon dans les années 1960. À cet héritage culturel, marquant une coupure entre tradition et modernité japonaises, Clémentine Balair danse son « être multiple ». Elle explore au-delà des paradigmes et parcourt diverses formes d'expression artistique : le Conte, le Corps, la Danse. Elle abandonne son armure pour puiser sa vitalité dans le métissage culturel européen, africain, caraïbe et asiatique, qui stimule son approche du Butô. Pour cette artiste, Forme et Force d'expression sont à traduire en énergie créative face aux réalités pesantes. Ce processus laisse des empreintes sur la toile et la mémoire. Ainsi, Clémentine Balair danse avec la vie, l'énergie et l'instinct.

Butô au Saxo Festival, par J. Elouk & C. Balair
Butô au Saxo Festival ✩ par J. Elouk & C. Balair©
Life Support, 2017, Claire Morgan Studio
Life Support ✩ 2017 ✩ Claire Morgan Studio©

Perpétuellement au Centre
AU CŒUR DU SOUFFLE #Paris
Claire Morgan

 
De la légèreté et du mouvement arrêté : au cœur du souffle. La poésie de Claire Morgan naît-elle du décalage entre l’animal empaillé et la légèreté de ce qui s’est figé autour de lui ? Ou de la trace dont le spectateur en tant que témoin muet reconstitue la trajectoire malgré lui ? Un dialogue entre ce qui n’est plus et ce qui reste en mémoire résonne, et avec lui, la possibilité d’un nouvel espace, créatif et enchanteur puisqu’il est hors du Temps et de la Nature. L’envol, le vol et la chute ne forment plus qu’un bloc consolidé par ce qu’ils ont effleuré avant de quitter le présent. Hors champ, il n’y a plus de représentation. Seul ce qui reste nous importe, et la force de cette exposition réside bien là, dans cette capacité à traduire l’indicible, le cœur du souffle de la vie.
 
  ✩ ✩
+d'infos : ✩
Claire MorganArticle complet par Barbara Marshall
 

Perpetually at the Centre
FEELING WIND'S HEARTBEAT #Paris
Claire Morgan

To the casual observer, Claire Morgan’s sculptures may be little more than beautiful re-creations of the natural world — delicately detailed depictions of flora and fauna in muted, pastel tones. But a closer look at her work reveals a reality that is far darker. Using taxidermied animals as the centrepiece of her suspended installations, Morgan explores the complex relationship between human beings and the natural world. In ‘Life Support’, Morgan suspends two birds alongside a fragile world made of fragments of waste plastic. By surrounding the organic with the inorganic, the artist draws a direct connection between human actions and the damage done to the natural world that is impossible to ignore.
 

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+info: ✩ Claire Morgan

 Exposition Gone to Seed, MAC, Belfast, 2012, réalisé par Jim Crone & Claire Morgan
Exposition Gone to Seed ✩ MAC, Belfast, 2012 ✩ réalisé par Jim Crone & Claire Morgan©
Burned Lizard, Eizo Sakata
Burned Lizard ✩ Eizo Sakata©

Un infini bleu
DESSINS À L'EAU DE MER #Tokyo
Eizo Sakata

 
Je dessine à l’eau de mer. L’eau s’évapore et laisse des cristaux de sel sur le papier. Et si l’on choisit une certaine qualité de papier, les cristaux s’enracinent dans le papier et ils s’y attachent assez solidement. Donc le dessin brille délicatement avec la lumière. En été 2013, on a eu du beau temps et il faisait très chaud, même à Paris. Grâce à ce climat quasi-méditerranéen, qui est indispensable à cette technique, j’ai réussi à faire de multiples expériences : dégradation de cristallisation, mélange avec de l’encre de chine. Depuis lors, je continue à exploiter de nouvelles possibilités. Cependant, je signale qu’il est malheureusement impossible de rendre perceptible l'effet de la lumière reflétée par les cristaux. Auparavant, j’ai travaillé pendant une quinzaine d’années dans le domaine du Land Art. Mais j’ai arrêté cette activité en 2011, l'année où s’est produite la catastrophe de la centrale de Fukushima. Après cela je trouvais que ce n'était plus possible de continuer comme avant. Et c'est ainsi que j’ai commencé à faire du « dessin quotidien », puis du « dessin à l’eau de mer ». Maintenant que je vois ces cristaux, jusqu’alors invisibles, apparaître à la surface de l’image sous l'effet de la lumière, je pense que cela représente une expression artistique que je recherchais, assez subtile et claire pour désigner les risques occultes que l’on court. 

Par ailleurs, l’eau de mer que j’ai utilisée m'avait été envoyée par des connaissances, depuis leur lieu de vacances — comme Normandie, Bretagne, Côte d’Azur, et Pérou, — en réponse à ma demande. Parfois je dessine un motif inspiré par ce lieu d’origine, parfois, je reste plus abstrait, plus universel. Et dernièrement j'ai commencé à me servir du sel gemme de la mine à la recherche de la mer disparue il y a plusieurs millions d’années.
 

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+d'info: EIZO SAKATA ✩ Tokyo

Flower Dress, Eizo Sakata
Flower Dress ✩ Eizo Sakata©
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